Recollection Harvest Revivew
Publication: AmarokProg
Reviewer: Benoît Herr
Country: 
"Echolyn il y a quelques mois, Djam Karet aujourd'hui... le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne chôme pas du côté des groupes
de prog symphonique US. Peu connu sous nos latitudes, Djam Karet est un quintet de Los Angeles affichant tout de même 21 ans
d'existence. Qualifié par certains de "meilleur groupe inconnu de Californie1 ils ont sorti toute une tripotée d'albums dont
l'excellent "The devouring" (celui-ci est le 16e™, mais c'est sans compter les premières réalisations qui, à l'instar de celles d'Ozric
Tentacles, à qui Djam Karet peut se comparer un peu, étaient sorties sous forme de cassettes). La musique instrumentale de Djam Karet
est aussi souvent comparée par la Presse à du King Crimson, du Pink Floyd, du Porcupine Tree voire du Grateful Dead. Et j'avoue que je
ne suis pas loin de lui donner raison, à la Presse : ce rock mélodique très climatique et atmosphérique oscille entre psychédélique et
symphonique, le tout effectivement souvent mâtiné de sonorités crimsoniennes teintées d'un soupçon de West Coast. La composition du
quintette est pour le moins originale : deux guitares, deux basses et une batterie (on ne peut que penser au double-trio du KC des
années 90). Et c'est tout... ou presque., car Gayle Ellett joue aussi de l'orgue et du mellotron (très présents ici), du bouzouki et
bien sur les guitares, que ce soit celles de Gayle ou celles de Mike Henderson, sont couplées à des synthétiseurs. En fait, quatre des
cinq musiciens usent de synthétiseurs. Cette composition leur permet de développer à la fois de superbes mélodies et une rythmique
complexe et puissante. La richesse mélodique est particulièrement palpable sur ce "Recollection harvest" (ce qui signifie "Moisson de
souvenirs", dont les plus de 70 minutes se divisent en deux parties : la moisson de souvenirs proprement dite pour une bonne première
moitié (45 minutes environ pour 5 morceaux) et l'été indien ("Indian summer") pour la petite demi-heure qui reste et 6 morceaux plus
courts, donc Dans cette deuxième partie, l'accent est plus mis sur le côté acoustique et atmosphérique de la musique de Djam Karet. La
dualité, le contraste entre les genres, est l'une des caractéristiques de nos J californiens qui, dès 1991 avec "Burning the hard city"
et "Suspension and displacement", avaient confronté des genres complètement opposés. Vers la fin du CD, on pourrait par moment même
penser à du Tangerine Dream !
La première partie est quant à elle beaucoup plus orientée guitares et claviers, avec des rythmiques plus lourdes, et des soli souvent
frippiens. Cette musique est si colorée et riche qu'à aucun moment l'absence de chant ne devient pesante. Le son est tout à la fois
moderne et réminiscent du passé. Cette impression, confirmée et voulue par le groupe, est à mettre au crédit de l'utilisation de
nombreux synthétiseurs analogiques. Les claviers sont particulièrement éloquents sur ce nouvel opus, qui est certainement celui sur
lequel ils sont le plus présents, en tout cas.
En réalité il s'agit de deux albums, les 45 premières minutes pouvant être considérées comme la suite logique de "A night for baku",
sorti en 2003 et la seconde comme un EP plus atmosphérique et expérimental.
Ne vous laissez pas influencer par le label sur lequel paraît Djam Karet depuis de nombreuses années maintenant : en effet, si
Cuneiform Records a plutôt l'habitude de nous délivrer des albums de RIO et autres musiques jugées inaudibles par l'immense majorité
des habitants de cette planète, Djam Karet fait figure d'exception confirmant la règle. Ce "Recollection harvest", très abordable et
harmonieux, bourré de mélodies attrayantes et sympathiques, est à placer d'emblée très haut dans la discographie du groupe. D'ailleurs
si l'envie vous prend de découvrir le "meilleur groupe inconnu de Californie" n'hésitez pas à démarrer avec cet opus."
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